Devenir donneur et donneuse de gamètes

Avec le collectif BAMP, j’ai participé au FFER 2016 où j’ai pu assister à une présentation sur le don :

Donneurs de gamètes n’ayant pas procréé : quelle prise en charge ?

ffer

 Comme vous avez pu le lire ici et , après  de longs mois engagés sur le chemin de la PMA, nous sommes arrivés à une intersection, il fallait choisir quel nouveau chemin nous allions emprunter pour la suite de notre ascension.

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Lorsque nous avons choisi que nous engager sur le chemin du don, nous avons découvert que celui-ci ajoutait une distance conséquente à l’ensemble de notre parcours.

En effet, la pénurie des donneurs a pour conséquence des listes d’attente particulièrement longues. Dans notre CECOS, pour un don de spermatozoïdes, il faut attendre 15 mois avant de pouvoir avoir accès aux « paillettes », je ne connais pas les délais pour un don d’ovocyte ou d’embryons, mais je sais qu’ils sont encore plus longs car encore plus rares.

En ce qui nous concerne, nous avons décidé d’attendre et de continuer notre chemin de couple tranquillement. Mais nous avons pu faire ce choix car, comme nous le précisaient régulièrement les médecins, « vous avez de la chance, vous êtes encore jeunes » (on avait 30 ans lorsqu’on s’est inscrit sur les listes d’attente du CECOS).

Tous les couples n’ont pas ce luxe. Certains commencent à penser au don après de longues années d’essais, d’inséminations, de FIV infructueux. Le temps passant, ces 15 mois d’attente ne sont tout simplement pas envisageables à cause de l’âge du couple. Ou encore, après un chemin déjà beaucoup trop long, il peut facilement paraître très décourageant de s’engager sur un nouveau chemin pour une nouvelle ascension.

Pour remédier à cela, la loi de bioéthique de 2011 a cherché à augmenter le nombre de donneurs en autorisant les personnes sans enfants à donner leurs gamètes.

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C’est une belle avancée car si le don de sang, voir d’organes se développe de plus en plus, le don de gamète reste très marginal. Je crois qu’il y a réel manque d’informations concernant cette question très intime du don de gamètes. Je pense que l’imaginaire et les fantasmes autour du don de gamètes sont particulièrement nombreux.

Pour certaines personnes, donner ses gamètes représente peut-être donner une partie de soi, non seulement son patrimoine génétique, mais peut-être aussi de sa personnalité, de son identité. Comme je vous le partageais dans mon billet sur les groupes de parole de patients, je ne m’étais jamais interrogée sur ce sujet avant d’y être confronté. A un moment donné, j’ai fait un parallèle avec mon expérience de donneuse de sang. A travers les dons que j’ai fait, je n’ai jamais eu l’impression qu’une partie de moi circulait dans les veines des personnes transfusées. Alors pourquoi j’aurais l’impression de transmettre une partie de moi en donnant mes ovocytes?

J’ai donc fait le choix de donner, dans un futur proche, mes ovocytes pour aider d’autres couples à voir leur chemin de la PMA aboutir.

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Je crois aujourd’hui que, si je donne certes une partie de mon patrimoine génétique, ça ne me donne pas de liens avec l’enfant qui naîtra éventuellement de ce don. Je crois que le patrimoine génétique qui sera transmis par ce don ne sera qu’une petite partie de la personne à naître, au même titre que l’autre moitié du patrimoine génétique qu’il recevra, mais aussi de l’environnement dans lequel il évoluera. Car selon moi, l’impact environnemental influe sur le bébé bien avant sa naissance, depuis sa conception. Je crois en effet qu’un enfant ne sera pas le même en fonction de tout ce qui l’entoure, dès la grossesse. Ce sont des différences infimes, mais je crois que son caractère, l’expression de ses gènes diffèrent en fonction de ce qui se passe pour lui.

Donc je pense donner mes ovocytes au même titre que je donne mon sang, et au même titre que je voudrais donner mes organes.

Si je témoigne de mon expérience personnelle de receveuse de don et de future donneuse aujourd’hui c’est pour faire parler du don de gamètes, trop souvent tabou. Ce que je vous exprime ici est très subjectif et ne recouvre qu’une infime partie de la problématique liée au don de gamète en France aujourd’hui.

Mais faire parler du don peut peut-être permettre à des personnes qui ne s’étaient jamais interrogés de se poser des questions, d’y réfléchir. Sans pour autant prôner le don « à tout prix » car c’est une question très délicate et très intime. Je pense qu’il ne faut pas s’obliger à faire un don.

Mais je crois que diffuser l’information, en parler peut aider le don à avancer.

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Car j’ai été surprise d’apprendre le nombre de donneurs en France au FFER : 364 candidats au don de spermatozoïdes en France en 2015 sur l’ensemble de la France. Je connaissais les manques de dons, mais je ce chiffre m’a réellement paru dérisoire !

Le décret d’application de la loi de bioéthique qui est paru cette année a permis d’augmenter le nombre de dons de 90% début 2016, mais il reste encore beaucoup de progrès à faire pour que les délais d’attente de don diminuent significativement.

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Pour que de plus en plus de couples puissent en bénéficier, et enfin avoir le bonheur d’arriver au bout de leurs chemins de la PMA

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